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Le ciel du mois de Mars 2026

Le mois de mars offre plusieurs rendez-vous célestes remarquables : phénomènes planétaires, retour de Vénus dans le ciel du soir, début du Marathon de Messier, équinoxe de printemps et beaux rapprochements entre la Lune et des astres brillants. Autant d’occasions d’observer le ciel, à l’œil nu comme aux instruments.

🌗 Phases lunaires

🗓 Calendrier du mois

Date Événement Heure Conditions d’observation
11 mars Fin de la rétrogradation de Jupiter A l’œil nu
15 mars Retour de Venus au couché du Soleil A l’œil nu
18 mars Début de la période favorable du Marathon de Messier (voir Focus) Lunettes /
Telescopes
20 mars Très fin croissant de Lune (3,6%) Début de nuit A l’œil nu
20 mars Equinoxe de Printemps (voir Focus) 15h46
26 mars Rapprochement Lune / Jupiter Début de nuit A l’œil nu
29 mars Conjonction Lune / Regulus 21h20 Lunette

🔍 Focus sur…

… le marathon de Messier

Le Catalogue de Messier, aussi appelé Catalogue des nébuleuses et des amas d’étoiles, est l’un des inventaires célestes les plus célèbres. Il est élaboré au XVIIIᵉ siècle par l’astronome français Charles Messier en collaboration avec son assistant Pierre Méchain.

À l’origine, son objectif est simple et très concret : éviter les confusions. En recherchant des comètes, Messier repère régulièrement des taches floues qui ressemblent à des comètes… mais qui ne bougent pas. Pour ne plus les confondre, il décide de les répertorier soigneusement.

La première version du catalogue paraît en 1774 avec 45 objets. En 1781, la liste en compte 103. Par la suite, des ajouts postérieurs porteront l’ensemble à 110 objets, nombre retenu aujourd’hui.

On y trouve certaines des plus belles merveilles du ciel profond visibles depuis l’hémisphère Nord, comme la galaxie d’Andromède (M31), la nébuleuse d’Orion (M42) et l’amas globulaire d’Hercule (M13), mais aussi des amas ouverts comme les Pléiades (M45), des nébuleuses diffuses ou planétaires.

Plus de deux siècles après sa création, ce catalogue est toujours utilisé par les astronomes amateurs comme un véritable guide d’exploration du ciel, ayant même donné naissance à un défi bien connu : le Marathon de Messier. Le principe est ambitieux car il consiste à observer les 110 objets en une seule nuit. Ce défi est généralement tenté autour de l’équinoxe de printemps, lorsque la disposition des constellations permet, en théorie, de tous les voir entre le coucher et le lever du Soleil.

Le Marathon de Messier demande une programmation minutieuse, comme vous pouvez élaborer avec les membres de votre association favorite, une excellente connaissance du ciel, surtout sans utilisation d’une monture GOTO, et une météo parfaite. Il transforme une liste du XVIIIᵉ siècle en aventure contemporaine, mêlant endurance, stratégie et contemplation furtive !

… l’équinoxe de printemps

L’équinoxe de printemps est le moment de l’année où le Soleil traverse le plan de l’équateur céleste, passant de l’hémisphère sud au nord. Ce jour-là, la durée du jour et de la nuit est presque égale partout sur Terre, d’où le mot équi-noxe : “nuit égale”.

Pour les astronomes amateurs de l’hémisphère Nord, il marque le début du printemps astronomique et correspond au point vernal, référence fondamentale en coordonnées célestes. C’est aussi une période intéressante pour l’observation : les constellations d’hiver basculent vers l’ouest tandis que celles du printemps (Lion, Vierge, Bouvier…) prennent le relais.

C’est d’ailleurs autour de cette date que l’on peut tenter le célèbre Marathon Messier, car la configuration du ciel permet, en théorie, de voir l’ensemble des objets du catalogue au cours d’une seule nuit.

Schéma : ©La tête dans les étoiles

🪐 Les planètes du mois :
Vénus, Jupiter, et Uranus

En mars, Mercure, Mars, Saturne et Neptune ne sont pas observables.

Vénus réapparaît progressivement au crépuscule malgré une faible élongation, avec une phase presque pleine ; une observation au télescope, même en journée, est possible.

Jupiter, bien visible en première moitié de nuit, permet toujours des observations détaillées.

Uranus reste observable au télescope en début de nuit, culminant encore à une bonne hauteur en fin de crépuscule.

Ephémérides


01 mars 2026

15 mars 2026

31 mars 2026

– Généré avec le logiciel Carte du Ciel

✨ PORTRAIT D’ASTRONOME ✨

Charles Messier, le furet des comètes


Portrait de Charles Messier

Charles Messier est né le 26 juin 1730 à Badonviller, en Lorraine, dixième d’une famille de douze enfants. Son père, Nicolas Messier, maire de la ville, meurt en 1741 alors que Charles n’a que onze ans. Il est ensuite élevé par son frère aîné.

En 1744, la grande comète C/1743 X1 Klinkenberg-Chéseaux (devenue à la fin février l’objet le plus brillant du ciel après le Soleil et la Lune) impressionne profondément le jeune Messier et nourrit son intérêt pour l’astronomie.

À 21 ans, il part à Paris où il est engagé comme dessinateur au service de la Marine française. Il travaille avec Joseph-Nicolas Delisle, qui le forme à l’observation astronomique. Messier apprend à utiliser les instruments, à mesurer les positions célestes et à suivre les mouvements des astres. Il travaillera notamment à l’Observatoire de la Marine, installé à l’Hôtel de Cluny.

Il se spécialise dans la recherche des comètes. Entre 1760 et 1801, il en découvre une vingtaine en collaboration avec son assistant Pierre Méchain, ce qui lui vaut le surnom de « furet des comètes », attribué par le roi Louis XV.

En 1758, alors qu’il tente d’observer le retour de la comète de Halley, il remarque dans la constellation du Taureau un objet flou qui ne se déplace pas. Il s’agit de la nébuleuse du Crabe, qui devient alors, sous le nom de M1, le premier objet d’une liste destinée à éviter toute confusion avec les comètes.

En 1771, il épouse Marie-Françoise de Vermauchampt. Elle meurt peu après en donnant naissance à leur fils, qui décède également. Messier ne se remariera pas.

Il devient membre de la Royal Society de Londres en 1764, puis est admis à l’Académie des sciences en 1778. En 1806, il reçoit la Légion d’honneur des mains de Napoleon Bonaparte.

Charles Messier meurt à Paris le 12 avril 1817, à l’âge de 86 ans. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

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