Parmi les phénomènes célestes accessibles facilement aux observateurs, les éclipses de Lune comptent parmi les plus impressionnants. Durant quelques heures, notre satellite change d’aspect et peut même prendre une teinte rougeâtre spectaculaire. Derrière ce spectacle se cache une configuration précise entre la Terre, le Soleil et la Lune.
Une question d’alignement
Une éclipse de Lune se produit lorsque la Terre se place entre le Soleil et la Lune. Dans cette situation, notre planète intercepte la lumière solaire et projette dans l’espace une zone d’ombre. Lorsque la Lune traverse cette région, elle cesse d’être éclairée directement par le Soleil.

Pour que ce phénomène se produise, deux conditions principales doivent être réunies. La première est que la Lune se trouve en phase de Pleine lune, c’est-à-dire à l’opposé du Soleil dans le ciel par rapport à la Terre. La seconde est que la Lune passe à proximité de l’un des points où son orbite coupe le plan de l’écliptique, appelés les nœuds orbitaux. Ce n’est qu’à proximité de ces intersections que les alignements nécessaires aux éclipses deviennent possibles.

Un phénomène observable pendant la nuit
Comme les éclipses lunaires se produisent toujours au moment de la Pleine Lune, elles ont un avantage pour l’observation. À cette phase, la Lune se lève approximativement au coucher du Soleil et disparaît au moment où celui-ci se lève.
Les éclipses partielles et pénombrales
Toutes les éclipses de Lune ne sont pas totales. Selon la trajectoire de la Lune dans l’ombre de la Terre, le phénomène peut être partiel ou pénombral.
Lors d’une éclipse partielle, seule une portion de la Lune pénètre dans l’ombre de la Terre. Une partie du disque lunaire s’assombrit nettement, tandis que le reste reste éclairé par le Soleil. La limite entre la zone éclairée et la zone éclipsée est généralement bien visible et correspond au bord de l’ombre terrestre.
Dans le cas d’une éclipse pénombrales, la Lune traverse uniquement la pénombre de la Terre, la région où la lumière solaire est seulement partiellement atténuée. L’assombrissement est alors beaucoup plus discret et peut passer inaperçu à l’œil nu.
Comme les éclipses totales, ces phénomènes se produisent toujours au moment de la pleine lune. Ils sont faciles à observer sans instrument, même si des jumelles permettent souvent de mieux percevoir les variations de luminosité à la surface de notre satellite.


Éclipses de Soleil et éclipses de Lune : une différence de perspective
Les éclipses de Soleil et de Lune reposent sur le même principe d’alignement entre le Soleil, la Terre et la Lune, mais leur visibilité depuis la Terre est très différente.
Lors d’une éclipse de Lune, c’est l’ombre de la Terre qui recouvre la Lune. Comme celle-ci est visible depuis toute la moitié nocturne de la planète, tous les observateurs situés du côté nuit de la Terre peuvent suivre le même phénomène, même si la Lune est plus ou moins haute dans le ciel selon leur localisation.
À l’inverse, lors d’une éclipse de Soleil, la Lune projette son ombre sur la Terre. Cette ombre est relativement petite : la zone où l’éclipse est totale forme une bande étroite à la surface du globe. Sous l’effet du mouvement de la Lune et de la rotation de la Terre, ce cône d’ombre se déplace rapidement d’ouest en est, de sorte que différentes régions du monde voient l’éclipse à des moments successifs.
Pourquoi certaines éclipses durent plus longtemps que d’autres
La durée d’une éclipse totale n’est pas toujours la même. Plusieurs paramètres interviennent.
L’un des plus importants est la trajectoire de la Lune à l’intérieur de l’ombre terrestre. Si elle passe près du centre du cône d’ombre, le phénomène dure plus longtemps que si elle n’en effleure qu’une partie.
La distance entre la Terre et la Lune joue également un rôle. L’orbite lunaire étant elliptique, la Lune ne se trouve pas toujours à la même distance de notre planète. Lorsqu’elle est au plus loin (apogée), elle apparaît légèrement plus petite dans le ciel et progresse plus lentement sur son orbite, ce qui prolonge son passage dans l’ombre. À l’inverse, lorsqu’elle est au plus près (périgée), elle semble plus grande et traverse l’ombre plus rapidement.
Les étapes du phénomène
Une éclipse lunaire se déroule progressivement et comporte plusieurs phases successives.
Prenons l’exemple de l’éclipse du 3 mars 2026 :

1. Entrée dans la pénombre (P1) : la Lune commence à pénétrer dans la zone où la lumière solaire est partiellement atténuée.
2. Entrée dans l’ombre (O1) : une partie du disque lunaire entre dans l’ombre proprement dite.
3. Début de la totalité (T1) : la Lune est entièrement dans l’ombre terrestre.
4. Maximum de l’éclipse (M) : moment où elle est la plus profondément plongée dans l’ombre.
5. Fin de la totalité (T2) : la Lune commence à ressortir de l’ombre.
6. Sortie de l’ombre (O2).
7. Sortie de la pénombre (P2) : le phénomène prend fin.
La mystérieuse couleur rouge de la Lune éclipsée
Lorsqu’une éclipse est totale, la Lune pénètre complètement dans l’ombre de la Terre. Pourtant, elle ne disparaît pas du ciel. Elle devient généralement sombre et prend souvent une teinte rouge cuivré.
Cette coloration s’explique par la manière dont la lumière solaire traverse l’atmosphère terrestre. Celle-ci agit comme un filtre : certaines composantes de la lumière sont diffusées, tandis que la lumière rouge est davantage déviée vers l’intérieur de l’ombre. Cette lumière réfractée atteint la surface lunaire et lui donne cette coloration caractéristique.
Comment observer une éclipse de Lune
L’observation d’une éclipse de Lune est l’une des plus accessibles en astronomie : contrairement aux éclipses de Soleil, elle ne présente aucun danger pour les yeux et peut être regardée directement.
À l’œil nu, le spectacle est déjà très impressionnant. On voit progressivement l’ombre de la Terre grignoter le disque lunaire jusqu’à la totalité, durant laquelle la Lune prend souvent une teinte rougeâtre. Des jumelles ou une petite lunette astronomique permettent d’apprécier davantage les détails de la surface lunaire et la progression de l’ombre sur les cratères et les mers.
En photographie, une éclipse de Lune est également relativement facile à capturer. Un appareil photo sur trépied suffit pour obtenir de belles images. Avec un téléobjectif (200/400 mm ou plus), on peut cadrer la Lune en gros plan et suivre les différentes phases de l’éclipse. Pendant la totalité, la Lune devenant beaucoup plus sombre, il faut augmenter le temps de pose ou la sensibilité ISO pour faire apparaître sa couleur rouge caractéristique.
Une technique intéressante consiste aussi à réaliser, comme pour l’image de couverture de cet article réalisée par Guillaume Poulin, une série d’images à intervalles réguliers, puis à les assembler pour montrer toutes les étapes de l’éclipse sur une seule photographie.
Pour en savoir plus sur l’éclipse de Lune du 28 août 2026, cliquez : ICI.
Dates des prochaines éclipses de Lune, cliquez : ICI

